un agité notoire

Unedeux

Alors comme ça, on s’agite ?
Nicolas Paugam sort son premier album solo « officiel », « Mon Agitation », un grand et ludique hommage à la musique qu’il goûte. Une musique qui vient de loin, du Brésil (de Milton Nascimento et autres bons génies), mais aussi d’assez près, de quelques vaillants « chansonniers » français, à avoir porté la mélodie et le verbe bien haut (Vassiliu, Annegarn…). De musiciens et d’interprètes donc, qui n’ont jamais perdu leurs attaches avec les musiques dites « populaires ».
Chemin faisant, chemise au vent, un univers et une écriture s’imposent. Pas des moindres. Un bel et joyeux album…

pêcher des langoustines ?

His name was JOY

a love letter to Harry Edward Nilsson III (1941-1994)

Dans mon top amoureux, des chanteurs, auteurs, compositeurs, éternels et j’en passe, siège le roi Harry dans son peignoir éponge. Il yodelise parmi les queues de pie, les orteils dans l’herbe, un steel-drum dans le coin, pour lui chatouiller le lobe de l’oreille. Ô maître Smilsson-Popovitch, comment faisiez-vous pour enrober votre sophistication dans une telle indulgence, un supra-m’en-foutisme qui confondait vos admirateurs ? C’étaient sans compter les sourds (des légions ici-bas) qui n’y voyaient plus que lubies éthyliques. Il fallait qu’ils aient les canaux bien bouchés, ceux qui ne voulaient rien entendre. HarO sur la débraille !   se jeter au feu avec Harry ?

une affaire de core

softcore Carole King lightcore Dione, Burt & Hal silkcore Judee Sill dotscore Ka-Spel dnacore Arto Lindsay Iamblasé’core Jeanne Lee boredombuzzcore Devoto byrdscore Gene Clark dutchcore NITS Dickcore Annegarn Alaincore Bashung blindcore Moondog liquidcore Jeff Martin pleasantcore Tim Buckley crazycore Feelies foll’encore B. Fontaine gitane’core Leprest guncore Jeffrey Lee Pierce fearcore John Cale villagegreencore The Kinks folkmusicore Fairport Convention countrycore Souled American oldixiecore The Band pearlscore Tom Rapp scrapescore Sebadoh AhHumcore Mingus hihicore Fred Frith hellcore Bettye Lavette humblecore dEUS ratéencore Marcoeur lovecore Arthur Lee angstcore Michniak japanesecore Jad continuer

Apartments en boucle | 1 |

Une 1

good evening(s)

Peter Milton Walsh, après avoir été membre éphémère des Go-Betweens en 78, s’est fait connaître avec « The Apartments », un nom de formation choisi en hommage au film de Billy Wilder, « La Garçonnière » (« The Apartment » sans les sous-titres). Ce faux groupe, renouvelé d’album en album au gré d’un parcours très sinueux (un début de carrière partagé entre l’Australie et l’Angleterre, mais vite relocalisé dans le pays d’origine après la banqueroute de Rough Trade, label du premier album), restera avant tout l’œuvre de son leader, auteur, compositeur et seul maître à bord. Tout au long d’une discographie erratique, l’australien se sera construit un monde musical très singulier, épique et introspectif à la fois, une sorte de journal émotionnel, à la croisée du post-punk, du story-telling folk, et d’une pop de chambre hors d’âge. Mais c’est surtout sa voix, véhicule d’une grande sincérité émotionnelle, avec ses éraillements, ses angoisses et sa vulnérabilité, qui, par delà les mélodies, les mots, nous aura durablement attachés à sa production. continuer la lecture

boule de neige

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Impeccable retour de Peter Milton Walsh qui signe un nouvel album de The Apartments après une (trop) longue absence. La « résurrection » tient pour les fans d’un miracle doublement inespéré. Car depuis une vingtaine d’années, Walsh a traversé de graves difficultés personnelles qui compromettaient jusqu’ici tout espoir de reprise (la perte de son fils Riley en 1999, avait entériné sa retraite de la scène musicale). Et surtout, en mettant de côté l’argument biographique et la confidentialité dans laquelle le groupe est resté, parce que ce nouvel album revigore les qualités des disques précédents sans labeur affiché (voix intacte, composition, et sensibilité très personnelle des arrangements). La pause n’aura été qu’une parenthèse (de 18 années ou presque) pour Peter Walsh qui reprend très sereinement, du moins en apparence, ses affaires musicales, quasiment là où elles en étaient.

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hymne solaire

Soleil_brille_3Avec « Le Soleil brille pour tout le monde », de 1953, John Ford dresse le portrait d’une petite ville du Kentucky, saisie dans les derniers jours d’une campagne électorale. Le juge Priest, un vieil vétéran sudiste, cherche à se faire réélire mais se met en situation délicate en prenant position dans une série de conflits. « Le Soleil brille… » est une célébration amusée du vieil sud déclinant et des petites communautés humaines « d’antan », administrées avec souplesse, de proche en proche. Ford y plaide la tolérance, dénonçant tour à tour le racisme du sud rural et l’hypocrisie de la bourgeoisie provinciale. Le cynisme politicien n’est pas en reste, surtout dans le clan Yankee, avec un candidat caricaturalement opportuniste. « Le Soleil brille… » est une sorte de fresque nonchalante sous-tendue par le suspense électoral, qui se grossit d’une multitude de personnages et d’histoires entremêlées. Au fil de la dramaturgie, savante mais discrète, l’humour cède le pas à des émotions imprévisibles, plus graves et touchantes. Malgré le progressisme de Ford (finalement très avance sur son temps), on a pu critiquer le réalisateur pour son amour un peu réactionnaire du vieux sud, un paternalisme blanc qu’il montrait sous un jour flatteur ou les stéréotypes raciaux qu’il perpétuait. Néanmoins, ces points de polémique, assez secondaires, n’enlèvent rien à ce « Ford » très accompli, d’une narration riche et complexe. continuer la lecture>