la vie, c’est comment alors ?

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(deux synesthésie)   objet musical

1_Evening

L’attachement au disque, support et objet physique, vinyle ou CD, est déterminé par le visuel, le graphisme, les notes de pochettes, les mots arrêtés des « lyrics » dont on peut mesurer à l’écoute du disque, la façon d’en appuyer certains mots, phrases, pour en faire des saillies autant sonores qu’imagées. Le visuel graphique et photographique d’un disque fixe son identité, mais il est aussi un appel imaginaire, un prolongement complémentaire. C’est la plus grande faillite des « supports virtuels » : leur imaginaire est déréalisé, un jpeg et un pdf en guise de compensation, tout au plus. C’est maigre et trop désincarné, plein de manques, impalpable.

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Hoquet Booze

william-eggleston

Fat city. Putain. Incompréhensible, littéralement inc-omp-réh-ens-ible ! J’ai essayé de tendre l’oreille, rien n’y fait. Damn, Damn. Cruels days, baby. Ça roucoule pétarade comme une grosse caisse au moteur enroué, à moins que ce soit ce foutu train d’enfer. Le morceau tournicote ; Vega se gargarise, hoquette ses whoup(s), et ça pourrait continuer comme ça, indéfiniment. Cool, Alex ! Une espèce de confiture, onctueuse et relâchée, pleine d’interjections ; un roulis rythmique désinvolte, pose jazzy, et sneakers barbouillées… par le bitume. C’est la bande son qu’on pourrait se repasser again and again... Stacy, Jeff and Susan ; Alex, Alan et Ben ; again and again Fat City.

« Fat City », Alan Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn (album « Cubist Blues », 1996)

William Eggleston, « sans titre », n.d.

(issu du recueil « Los Alamos », 1965-68 and 1972-74, publié chez Scalo en 2003)

© Eggleston Artistic Trust

Double entendre

13-07-11_art19_LThompsonOn a tous voulu savoir, ça raconte quoi? On s’est procuré le bottin des textes traduits de Dylan, on a fureté dans un petit Wyatt comparé, puis finalement on a laissé choir le dictionnaire, et on a monté le son parce que, de toute façon, ça nous parlait. Il y a les entre mots, les intonations discrètes, pudiques ou obscènes, le mystère du timbre et puis le flux. Ce que ça débite! Lire la suite

Je dis aime

13-07-03_art17_litElles l’aiment toutes Matthieu et moi, ça m’énerve. Elles l’aiment toute à la lettre, alors que moi j’aime les lettres et quand ça respire entre. Le vin aigre du trouble fête. Mais c’est quoi cet hédonisme de pacotille, cet optimisme sirupeux, ce bien-être de lampe fluorescente! Avé Uvés! On est tous malheureux, vous le savez pas, non?! C’est du chiqué, c’est pas du vrai!  J’y peux rien, j’aime pas le français qui poppe et le reste non plus, le vin pétillant, qu’il soit d’importation ou de Limoux. Lire la suite

Tu parles ou tu chantes?

13-06-27_art14_arizona-billTu crois que ça m’enchante à moi de parler français? Et d’abord, comment on fait pour le chanter le français? On le chuinte? On roule les R ou on les envoie à Perec, bon débarras! C’est proverbial : le français, ça sonne pas, c’est bavard, ça disserte, ça met les points sur les i et les barres sous les points, impossible de s’en défaire, ça en dit trop, en français c’est souligné. Alors comment on fait? On faiblit, on fait plus? Les salauds! Brassens, Brel, Ferré, Gainsbourg, tu parles d’un hold-up! C’est tout juste s’ils ont pas emporté les murs. Comment tu fais après, t’as vu le chantier? Lire la suite