30 minutes qui filent avec…

Une deux

Retour sur la sortie du 4ieme album de Perio « 30 minutes with Perio », successeur accompli de « The Great Divide » (2007). Un concentré de pop habité qui prend le temps de déployer un imaginaire musical richement ouvragé. Classique presque instantané.

Il y a des albums qui arrivent comme ça, sans crier gare. D’emblée, ils s’imposent par la qualité de leurs écritures. Les rares opus de Perio sont de cette écorce-là : une assise de guitare acoustique ; une rythmique qui peut s’embraser à tout instant (le véloce « Crust and Dirt », avec ses glissades d’accords et sa basse soutenue) ; et une manière de filer les voix, par dessus les intervalles musicaux et entre les brisures des rythmes. Ce dernier album, concis mais nourrissant, est comme une suite de huit petits récits, quasi cinématographiques. Un véritable concentré mélodique dans une épopée miniature. Des récits qui passent autant par les inflexions des lignes de chant, que par les perspectives délayées des horizons musicaux.

écouter plus large ?

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  pas chamelle… la guerre des étoiles de Wilco

WILCO_SW

Pour les fans de longue date, chaque nouvel album de Wilco est désormais attendu avec un peu d’anxiété. De « Being There » à « Sky Blue Sky », le groupe s’est maintenu dans un état de recherche et de renouvellement constant, prenant le risque de remettre à plat son bagage pour chaque album, expérimentant les combinaisons, le travail en studio, tout en maintenant un certain classicisme de songwriting, très mélodique, qui le rattachait à une longue chaîne musicale, mi traditionnelle mi moderniste, et très versatile, d’auteurs-compositeurs américains. C’est autant les folk et country-songs qui se bousculent dans l’imaginaire mélodique de Jeff Tweedy et Cie, que la Soul Music doucement rutilante, les gimmicks Rock’n Roll et les gros ronflements de basse à la Lennon en solo, mais aussi la pop scintillante des Beach Boys ou le story telling caustique d’un Randy Newman… A vrai dire, peu de groupes savent convoquer autant d’influences simultanément avec une telle cohérence, sans donner l’impression de faire du pastiche à tout va. S’ajoute à ce riche creuset musical le goût pour une production très minutieuse et un ancrage plus contemporain, comme une grande passerelle qui irait du Crazy Horse et du Space-rock jusqu’à l’électronique, l’ambiant et le free-rock bruitiste.

miauler encore ?

His name was JOY

a love letter to Harry Edward Nilsson III (1941-1994)

Dans mon top amoureux, des chanteurs, auteurs, compositeurs, éternels et j’en passe, siège le roi Harry dans son peignoir éponge. Il yodelise parmi les queues de pie, les orteils dans l’herbe, un steel-drum dans le coin, pour lui chatouiller le lobe de l’oreille. Ô maître Smilsson-Popovitch, comment faisiez-vous pour enrober votre sophistication dans une telle indulgence, un supra-m’en-foutisme qui confondait vos admirateurs ? C’étaient sans compter les sourds (des légions ici-bas) qui n’y voyaient plus que lubies éthyliques. Il fallait qu’ils aient les canaux bien bouchés, ceux qui ne voulaient rien entendre. HarO sur la débraille !   se jeter au feu avec Harry ?