Miguel Gomes – les 1001 nuits, L’Inquiet (Volume 1)

L Inquiet_Une

C’était il y a quelques années, un coup pour « voir », comme ça. On se risquait à la projection d’un film, sur la foi de son titre ou de quelques photographies entraperçues, on ne sait plus au juste. Le film en question s’appelait « Ce cher mois d’août », et ce que l’on y trouvait était à la hauteur de ce que le titre annonçait : la promesse d’un rafraîchissement, les pieds dans l’eau, et de pérégrinations estivales sans but avoué, des petites circonvolutions hasardeuses. On ne sait plus ce que le film racontait, mais on se souvient très bien de comment il le faisait, entre deux eaux ou tons ; documentaire, fiction, fable documentaire peut-être, dans la douceur de quelques entrechats. un entrechat de plus ?

Publicités

Miguel Gomes – les 1001 nuits, Le Désolé (Volume 2)

C’était il y a un mois, déjà. Le volume inaugural, et première salve des douces excentricités des « Mille et une nuits », sortait. C’était « L’inquiet » ; inquiet comme le réalisateur Miguel Gomes qui se lançait dans un projet de film impossible – une adaptation des Mille et une nuits en pleine période d’austérité européenne –, et inquiets comme ses alter-égos de fiction – comme Shéhérazade, qui narrait au Roi des nuits durant les histoires d’un pays en crise (le Portugal) en les parsemant de merveilleux, et comme Luis, le syndicaliste des chantiers navals, qui partageait l’accablement mélancolique de la belle conteuse. mais encore ?

Miguel Gomes – les 1001 nuits, L’Enchanté (Volume 3)

Ceux qui attendraient de ce troisième volet des Mille et une nuits, une conclusion en forme de pyrotechnie merveilleuse, en seront un peu pour leurs frais. « L’Enchanté » est encore plus ouvert, imprévisible, et prosaïque, que ses prédécesseurs. Mais à bien y regarder, son enchantement, déplacé de l’imaginaire vers la réalité documentaire, est sûrement le plus beau finale qui soit. Amer, ivre, et gracieux, comme peut l’être le chant des pinsons dans les bidonvilles portugais…

poursuivre l’enchantement ?

fantasmas

6b_Ce qui (0)

João Pedro Rodrigues dans « Ce qui brûle guérit », 2012, réalisé par João Rui Guerra da Mata

Traverser la filmographie de João Pedro Rodrigues, et la découvrir d’un trait, comme ici, rassemblée dans un coffret dvd (l’intégrale du réalisateur sortie chez Epicentre Films), c’est un peu évoluer en funambule, sans savoir quelles surprises nous ménageront les prochains films, comme autant d’aventures et de revirements singuliers. continuer la lecture>

ronde nocturne

Apres la nuiti

à propos de « Après la Nuit (Até Ver La Luz) » de Basil Da Cunha (sortie le 23 avril 2014)

Le titre français du premier long métrage du jeune réalisateur suisse/portugais, Basil Da Cunha, renvoie inévitablement au film noir. L’intitulé original « Até Ver La Luz » – qui signifie littéralement « jusqu’à la lumière » – souligne davantage, la dimension subtilement fantastique et mystique du récit (ensorcellement, superstitions et prières). Toujours est-il que le film – une appréciable découverte – fait converger ces deux univers dans le quotidien de « Sombra » (l’ombre), un dealer qui retourne dans son quartier, une favela portugaise, après un séjour en prison. La fiction – immergée dans les ruelles, les fêtes et les musiques du Cap Vert – allie qualité documentaire et film d’atmosphère (plus que de genre) malgré une narration ponctuée de scènes attendues. « Après la nuit » est moins un hybride fiction-documentaire, fatalement composite, qu’un fondu, où le scénario sert d’argument prétexte à la déambulation, afin de saisir les communautés entremêlées du quartier (créole notamment) et quelques individus singuliers.…………………………………………………………………………………………………….. continuer la lecture>