vie de cochon                                          ( je rêve avec HSs deux )

« Le jour où le cochon est tombé dans le puits » (1996) film #1

A3_Le jour

Tout est noir dans le cochon. Triste sexe et dents qui grincent. « Je t’aime moi non plus », c’est la rengaine qui court de film en film, en plus de « je m’aime moi non plus », dans le cinéma de Hong Sang-soo. Dans le ou les triangles amoureux, il y en a toujours un/une, conformément à l’archétype, qui en aime un ou une autre, qui en aime à son tour une ou un autre, qui en aime, etc. Le fil de la pelote est toujours fuyant mais quand il vous revient à la figure, la déconvenue est cinglante : une volée d’humiliations. Le premier film déjà très impressionnant du réalisateur traduit cette course folle qui conduit au désespoir : meurtre passionnel ou suicide esquissé en fin de non-perspective. « Le jour où le cochon est tombé dans le puits » est noir comme son fond. Il s’accroche presque au film de genre, un film noir existentiel, ou une tragédie. Tous un peu comme des cochons au bord du trou, autodestructeurs à force d’illusion et d’égoïsme. Heureusement, la filmographie de Hong Sang-soo saura prendre à l’avenir des détours plus comiques, mais ce premier geste de cinéma accuse une maîtrise impressionnante de la narration chorale, filée en échiquier : « une perle pour les cochons » comme le dirait en zézayant notre ami Tom Rapp.

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