His name was JOY

a love letter to Harry Edward Nilsson III (1941-1994)

Dans mon top amoureux, des chanteurs, auteurs, compositeurs, éternels et j’en passe, siège le roi Harry dans son peignoir éponge. Il yodelise parmi les queues de pie, les orteils dans l’herbe, un steel-drum dans le coin, pour lui chatouiller le lobe de l’oreille. Ô maître Smilsson-Popovitch, comment faisiez-vous pour enrober votre sophistication dans une telle indulgence, un supra-m’en-foutisme qui confondait vos admirateurs ? C’étaient sans compter les sourds (des légions ici-bas) qui n’y voyaient plus que lubies éthyliques. Il fallait qu’ils aient les canaux bien bouchés, ceux qui ne voulaient rien entendre. HarO sur la débraille !

Pourtant, aujourd’hui comme hier, ce sont toujours les mêmes flashes : du Harry plein les oreilles. Des mélodies renversées-renversantes à vous fourguer le sourire à perpète. Visionnaire, l’œil mi-clos, alangui, gueule de bois, vous clamiez en chanson votre idios musical ; une savante ineptie, folâtre comme l’air. Vous étiez un aborigène de comédie, un robinson de studio, des bouteilles à la mer, un ingénu qui sifflote, une bouille impayable de garnement… mal grandi. A Foolish Guy. Rock, jungle, Calypso. Fooling around. Travaillant d’arrache-voix. C’était comme ça : à s’en défaire les cordes. Cabaret improbable, ours, puppy, pussycat ; et down, down, da-da-down, to the bottom of a hole. Des clowneries pour petits et grands ; des crooneries pour vous et l’orchestre – private, délectables.

Et toujours cette ambivalence : le ptit premier et le sale gosse, ensemble, dans la purée. Schmilsson vs Knnillssonn. Vous étiez votre pire avatar, le tout premier à vous griffer pour le meilleur et pour le rire. Il vous arrivait de remettre votre bonnet, nouveau né, pour tremper le lit de nouveau. Fallait compter les indiens, mater Kojak à la tévé, faire voler les soupières, et lâcher quelques rots. À quand donc une étude, avec titres « ès » universitaires, sur ces incuries réjouissantes ? Non cher maître, je préfère éviter votre poster-postérieur. Mais sachez tout de même que je vous irrévère comme il se doit, dans le nez.

(ndr : notre éminent confrère, Robert Loiseux, fait allusion à la « seconde » partie de l’œuvre nilssonnnienne (pleine d’abus de consonnes), initiée par un album qui est le véritable point de bascule de cette comédie-drama discographique : le génial, mais déjà occasionnellement complaisant, « Nilsson Schmilsson » de 71. Si R.L. passe volontiers sur le méli-mélo éraillé de « Pussy Cats », il voue un amour immodéré aux dérives graveleuses de « Son of Schmilsson » et « Duit on my Dei », deux merveilles nous dit-il, nous dit-il, nous dit-il, deux merveilles…)
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