ronde nocturne

Apres la nuiti

à propos de « Après la Nuit (Até Ver La Luz) » de Basil Da Cunha (sortie le 23 avril 2014)

Le titre français du premier long métrage du jeune réalisateur suisse/portugais, Basil Da Cunha, renvoie inévitablement au film noir. L’intitulé original « Até Ver La Luz » – qui signifie littéralement « jusqu’à la lumière » – souligne davantage, la dimension subtilement fantastique et mystique du récit (ensorcellement, superstitions et prières). Toujours est-il que le film – une appréciable découverte – fait converger ces deux univers dans le quotidien de « Sombra » (l’ombre), un dealer qui retourne dans son quartier, une favela portugaise, après un séjour en prison. La fiction – immergée dans les ruelles, les fêtes et les musiques du Cap Vert – allie qualité documentaire et film d’atmosphère (plus que de genre) malgré une narration ponctuée de scènes attendues. « Après la nuit » est moins un hybride fiction-documentaire, fatalement composite, qu’un fondu, où le scénario sert d’argument prétexte à la déambulation, afin de saisir les communautés entremêlées du quartier (créole notamment) et quelques individus singuliers.…………………………………………………………………………………………………….. continuer la lecture>

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une aventure intérieure

TDT1 C1, ouv5 portrait

à propos de « The Terence Davies Trilogy » (1976-83) de Terence Davies (DVD)

Doriane Films sort dans sa collection Typiquement British les trois premiers moyens métrages du réalisateur anglais Terence Davies (dont les durées oscillent entre 20 et 40 minutes). La trilogie, d’inspiration autobiographique, rassemble « Children » (1976), « Madonna and Child » (1980) et « Death and Transfiguration » (1983). Le réalisateur l’entame, par les balbutiements de l’adolescence – c’est « Children », le volet le plus factuel mais déjà, d’une temporalité divergente – et va jusqu’à imaginer, non sans ironie, comment il vieillira, enjambant les âges, tous confondus, jusqu’à l’extrême vieillesse de l’épisode final. Il nous livre en guise de fils conducteurs : son homosexualité, un amour fusionnel pour sa mère, ses fantasmes sexuels, et le sentiment de culpabilité permanente qui l’habite. Son cinéma, d’une intensité peu courante, est suspendu entre un réalisme quasi documentaire, dans la lignée du cinéma anglais des années 60, et un montage lyrique, fait de trouées imaginaires et de passerelles temporelles. On l’aura compris cette première œuvre, inclassable et fulgurante, est d’une inaltérable singularité.……………. continuer la lecture>

mala broma

Verdugo (14) copie

à propos de « Le Bourreau (El Verdugo) » de Luis García Berlanga (1963, sortie le 9 avril 2014)

Le distributeur Tamasa sort en copie restaurée ce film rare et important du cinéaste espagnol, qui fût réalisé durant les dernières années du Franquisme. Coproduit par l’Italie, « Le Bourreau » sera remarqué au festival de Venise de 1963, ce qui lui vaudra d’échapper partiellement à la censure, moyennant quelques coupes imposées. On mesure encore aujourd’hui l’audace de Luis García Berlanga et du scénariste Rafael Azcona, dénonçant, l’air de ne pas y toucher, l’exécution capitale au Garrot, pratiquée en Espagne jusqu’à la fin du Franquisme. Le procédé, avec son lourd collier métallique et sa vis de serrage, avait tout d’une barbarie archaïque, rappelant l’inquisition ou les chambres de torture médiévale. Le film évite le plaidoyer et dispense très habilement sa critique, sous l’apparence d’une aimable comédie de mœurs, qui en ferait presque oublier le sujet.………………… continuer la lecture>