l’amour à mort

à propos de « Aimer, Boire et Chanter » d’Alain Resnais (et un peu plus)

Aimer (5)

Avec le décès de Resnais, il était peu probable de trouver une once de critique dans la réception du dernier film, pas plus d’ailleurs qu’il n’y en aurait eu de son vivant. Lors des sorties précédentes, l’intéressé, qui n’en était pas dupe, s’en amusait. La filmographie de Resnais s’alignait sur son mythe institué : on parlait à chaque fois de l’Œuvre et du Génie de Resnais plus que d’un film. Une reconnaissance, donc, qui était d’un bloc. Pourtant, Resnais, s’il fallait lui reconnaître un « génie » (on le peut), avait celui d’expérimenter sans relâche, de façon ludique, au risque de confondre ceux qui se seraient arrêtés à un pendant « politique », « historique » ou « mélodramatique » de sa filmographie. continuer la lecture>

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nuit américaine

PORTRAIT OF JASON

à propos de « Portrait Of Jason »(1966) de Shirley Clarke   (sortie en version restaurée le 19 mars 2014)

« Portrait of Jason » est le quatrième long-métrage de Shirley Clarke et peut-être l’un des plus singuliers. La réalisatrice américaine s’est affirmée à ses débuts par un mélange de fiction et de faux documentaire dont elle renverse ici les rapports. Le documentaire, direct et frontal, questionne les rapports ambigus entre la vie et la création, le faux et l’authentique, la manipulation et le voyeurisme… Mais c’est avant tout la puissance du témoignage et du portrait qui frappe, au-delà du filmage et de ses enjeux.….. continuer la lecture>

détrompe l’oeil

HFHW (0)

à propos de « Holy Field Holy War » de Lech Kowalski (sortie le 26 mars 2014)

Dans son nouveau documentaire, le réalisateur Lech Kowalski se rend dans la Pologne rurale pour observer les mutations des cultures et des élevages. Sous l’apparente permanence du paysage, les techniques intensives font ravage avec force pesticides qui empoisonnent le sol et l’atmosphère. Ce sont aussi de sournois forages souterrains, pratiqués dans le dos des petits exploitants qui minent la valeur de leurs sols et la qualité des eaux potables. Le documentaire, bien plus complexe et stratifié qu’il n’y paraît, ne se réduit ni à une simple dénonciation, ni à un appel, lancé ou relayé, à la vigilance ou au soulèvement. C’est un travail d’observation et d’immersion qui fait apparaître, très patiemment, des réalités dissimulées. C’est aussi un double portrait, sans apitoiement ni défaitisme, du paysage polonais et des travailleurs ruraux traditionnels.….……..……… continuer la lecture>