prince endormi

SLLEPING_BEAUTY_PIC-01à propos de « Some call it loving (Sleeping Beauty) », 1972 de James B. Harris

Reprise en salles d’un film de James B. Harris, disparu des écrans depuis sa sortie, malgré ou peut-être en raison de son éphémère succès européen. Remarqué à Cannes et projeté Paris, le film est ignoré lors de son retour en Amérique, quand il n’est pas éreinté par la critique locale. A la décharge de ces détracteurs peu éclairés, il faut dire que « Some call it loving (Sleeping Beauty) » est un film très étrange, une sorte de fantaisie éveillée qui se mue en lente dérive morbide, en gardant une égalité de ton un peu confondante. Cette relecture contemporaine du mythe de la belle au bois dormant, n’en est pas moins d’une singulière beauté et d’un propos tout à fait inédit. continuer la lecture>

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aveuglément

Vent(4)

à propos de « Le Vent se lève » (2013) de Hayao Miyazaki

En apparence, le dernier film de Miyazaki rompt avec les fantasmagories auxquelles nous avait habituées son auteur jusque-là. Ici, c’est l’imaginaire d’un enfant rêvant de devenir pilote de chasse, qui se substitue aux fééries de Chihiro ou même de Ponyo, et renoue d’une certaine manière avec l’évocation historique de « Porco Roso », de manière plus réaliste et dramatique. Miyazaki y évoque la vie de Jiro Horikoshi, le jeune ingénieur aéronautique qui mettra au point les avions de chasse Zéro dans les années 30, pour le compte de l’armée impériale japonaise. Horikoshi, malgré son altruisme et la candeur de ses intentions originelles, se sacrifiera entièrement pour servir le bellicisme impérial. continuer la lecture>

ricochet(s)

AFF_mont

En glissant sur internet à la recherche d’informations sur « Une Femme Douce » de Bresson, je découvre ce poster énigmatique du film, fait par une affichiste tchèque. C’est une jeune femme de profil, le visage masqué par ses longs cheveux blonds. Seule émerge une oreille et la chevelure, presque surnaturelle, s’enroule autour du cou : elle est comme aspirée par le large collier de perles turquoises. La robe noire et le fond achèvent d’isoler la figure au profil singulièrement découpé, comme un point d’interrogation. continuer la lecture>

suspension

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à propos de « Une Femme Douce » (1969) de Robert Bresson, restauration numérique, sorti en salles en novembre 2013

Un balcon, porte-fenêtre ouverte. Un guéridon se renverse lentement tandis qu’à côté, une chaise à bascule nue, se balance dans le vide. On voit un châle voleter mais on ne verra ni entendra le corps de la femme chuter. C’est l’interruption du trafic automobile, surpris dans sa bruyante routine, qui nous l’indiquera. Le corps s’est posé en bas, face contre terre, le visage intact, si ce n’est une blessure au front et un délicat filet de sang qui perle sur le trottoir. Plus tard, ce sera la veillée du corps dont on ne verra plus que les pieds, revêtus des bas, en manière de linceul. Le mari se livre à haute voix, prenant à témoin la bonne, mais s’adressant davantage à sa femme morte, semble-t-il, qu’à la vieille dame. Il repasse en boucle l’histoire conjugale et l’engrenage sournois des circonstances, mais plus que le chagrin ou la culpabilité, c’est son incompréhension qu’il ressasse. continuer la lecture>