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à propos de « The Immigrant » de James Gray

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« The Immigrant » réalisé quasiment vingt ans après « Little Odessa » est un film symptomatique sans que l’on puisse statuer définitivement sur le sens desdits symptômes. Volonté de conformisme? Aspiration néo-classique au mélodrame hollywoodien? Tentation du grand spectacle? Le tout est que, sans être mauvais, « The Immigrant » reste un film assez hybride, où se télescopent le récit historique et la tragédie lyrique, dans un soufflet d’ambitions un peu paradoxales. Il donne l’impression d’un Gray, tantôt retenu, tantôt exubérant, un peu lesté par la picturalité convenue des images. Malgré cet improbable mélange, le film se regarde sans déplaisir même si l’on peine vraiment à se sentir concerné par ce grand (contre) récit fondateur, avec ses icônes boisées de maquereau tragique ou de sainte putain… continuer la lecture>

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mascarade

à propos de « L’Héritage (l’Eredità Ferramonti) » 1976 , de Mauro Bolognini

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Reprise en salles d’un chef-d’œuvre de Mauro Bolognini. Adapté du roman de Gaetano Carlo Chelli, « L’Héritage » se déroule à Rome à la fin du 19ième siècle. Les enfants d’un boulanger se disputent sa fortune mais se font doubler par une belle ingénue, Irène, qui vient d’épouser l’un des fils pour mieux s’approcher du père. Prétextant que le patriarche serait sur le point de se remarier, elle prend sur elle d’aller l’amadouer pour éviter qu’il ne cède son bien à une femme intéressée. Sur la base de cette intrigue familiale, Bolognini construit une fresque somptueuse et réaliste, sur l’ambition sociale et les intrigues de la bourgeoisie romaine. continuer la lecture>

double Je et acouphènes

à propos de « Othello » (A Double Life, 1947) de George Cukor

reprise en salles le 13 novembre 2013 (version numérique restaurée)

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Dissipons tout malentendu. Pour qui craindrait une énième resucée de la pièce de Shakespeare, le « Othello » de George Cukor, va bien au-delà du programme attendu par sa mise en scène aussi élégante qu’inventive. Le film se livre à un jeu de mise en abyme des plus vertigineux avec, à la clé, la bascule d’un acteur dans les affres insondables de la folie. Si cet Othello-là tient du chef d’œuvre inespéré, c’est précisément parce que son sujet, contrairement à ce que le titre français laisse entendre, dépasse autant l’adaptation que la transposition maligne. continuer la lecture>

pas de gauche et droit au cœur

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à propos de « Mes séances de Lutte » de Jacques Doillon, dans les salles depuis le 6 novembre 2013

Le cinéma de Jacques Doillon est souvent l’objet de malentendus, voire de préjugés, liés, pêle-mêle, à sa prétendue artificialité, sa psychologie, ses dialogues très écrits. Doillon serait un littéraire ou un « théâtreux », un homme de mots plus que de cinéma. Il est donc probable que son dernier film, malgré son pari osé, n’arrange rien à l’affaire, et même qu’il suscite quelques clivages parmi les amateurs. Certains y verront deux films, l’un parlé, dans la veine usuelle du cinéaste, avec sa psychologie et ses analyses, et l’autre chorégraphié, un pantomime de combat amoureux. Nonobstant les séances de luttes auxquelles se livreront quelques spectateurs, on y découvrira, si l’on y est disposé, l’un des plus revigorants films de Doillon. continuer la lecture>