exercice sans style

13-18-08_art_svankmaj

tu dis je mens et moi j’avoue                                                                tu dis que je mens, moi j’avoue

et tu avoues que je dis que tu mens                                                    et tu avoues que je dis que tu mens

que tu dis, que je mens, je m’avoue                                                     que tu dis, que je mens, je m’avoue

je m’avoue que je mens, que tu dis ?                                                   je m’avoue, que tu dis, moi je mens ?

je dirais même plus…

Oranges amères

les-apaches-51d580ef5cd74

« Les Apaches » de Thierry De Peretti  (sortie en salle le 14 août 2013)

Aziz aide ses parents à entretenir une villa cossue, un grand parallélépipède moderniste en surplomb de Porto Vecchio. Les propriétaires, des français métropolitains, vont arriver le lendemain. On voit le jeune garçon aller et venir autour de la piscine, perche et filet en main, pour enlever les impuretés de l’eau. Nous sommes en plein été, le père a terminé ses travaux de jardinage et se repose sur un coin d’herbe. La scène est paisible, un peu monotone. On y voit la répétition d’une routine, le quotidien d’une famille maghrébine cantonnée à une domesticité qui l’aide à survivre. Aziz s’exaspère de ce surplace et pour une broutille qui l’humilie – on lui refuse l’accès aux toilettes – il se met à braver l’autorité paternelle. Non, il refuse d’aller pisser, comme on le lui demande, derrière les buissons pour ne pas salir l’intérieur de la maison. La pression monte et le père, autoritaire, réprimande durement le fils. Lire la suite

Enfant Sauvage

3_doug1_charb copie

« Trilogie Bill Douglas » (1972-1978), version restaurée, en salles depuis le 31 juillet

Méconnue et pourtant essentielle, la trilogie Bill Douglas fait partie des grandes œuvres cinématographiques anglaises de la période qui va des années 60 à 80, et trouve une place, légitime, entre le cinéma engagé d’Alan Clarke ou de Ken Loach, et le Free Cinéma, alors florissant, d’une poignée d’individus aussi divers que Lindsay Anderson, Karel Reisz ou John Schlesinger. Pour autant, cette trilogie, réalisation quasi-unique du cinéaste, reste une œuvre singulière qui ne saurait être réduite ni à l’une ni à l’autre des étiquettes. Le cinéma de Bill Douglas se situe dans une sorte de hors temps poétique, réminiscent et douloureux, et se découpe en tableaux, telles les vignettes fascinantes d’un vieil film expressionniste muet. Comme le titre de chaque métrage l’indique sans détour, il s’agit d’un récit à la première personne. Bill Douglas y évoque sa propre enfance, vécue dans des conditions de grande pauvreté et de carence affective.  Lire la suite

Parole, parole, parole…

Votre envoyé spécial, en direct de Culturopoing, quelque part sur la Costa Brava…

« Les Chansons Populaires », de Nicolás Pereda, en salles depuis le 31 juillet

temas« Los mejores temas » (le titre original du film), renvoie plus que sa traduction française, aux compilations de chansons bon marché vantées à renfort de superlatifs comme les réclames d’un autre âge, à l’oralité aussi proverbiale qu’artisanale. Gabino, le protagoniste du film, pas encore ou juste trentenaire, est un vendeur ambulant de CDs de contrefaçon, sur lesquels sont compilés des soixantaines de morceaux au format mp3. Pour haranguer le passant, il récite, à même son stand de fortune, l’ensemble des titres enchaînés dans un « flow » quasi hip hop.  « Perdí mi oportunidad ; Porque te vas ; Amor no me ignores ;  Déjame intentar… ». Lire la suite