seul et contre tous, « la bataille de solférino » de justine triet (2013)

C’est l’heure d’été avec les rediffusions de chroniques cinéma parues récemment dans les colonnes de Culturopoing

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La bataille de Solférino de Justine Triet (sortie en salles le 18 septembre 2013)

Populaire et médiatisé bien avant sa sortie en salles, on sent que La bataille de Solférino, tant par son tour de force documentaire (le film suit la journée du 6 mai 2012, deuxième tour des élections présidentielles) que par son ton humoristique, est déjà programmé pour un large succès public et critique. Tout du moins, on le lui souhaite. Pour autant, on a un peu craint en allant le voir, que le film ne s’enferme dans le « credo » de la comédie jeuniste et décalée, à l’humour doucement absurde. Néanmoins, par delà une forme de cabotinage et l’irrésistibilité, quasi-publicitaire, de sa grande intuition, La bataille de Solférino remplit tout à fait son office et désamorce toutes les réticences. Le film se surpasse même par la force d’une mise en scène, d’autant plus remarquable qu’elle se laisse oublier.
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« Ilo Ilo » d’Anthony Chen (2013)

C’est l’heure des rediffusions estivales avec quelques films à venir, chroniqués dans les colonnes de Culturopoing

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« Ilo Ilo » d’Anthony Chen (2013, caméra d’or au festival de Cannes 2013),  sortie en salles le 4 septembre 2013

Ilo Ilo prend place à Singapour à la fin des années 90, dans un contexte de grave crise financière. Pour faire face au comportement difficile de son petit garçon Jiale, un couple de quadragénaires engage Teresa, une jeune femme venue des Philippines. La chronique nous montre l’évolution de la relation entre Jiale et sa nourrice, de prime abord conflictuelle, avec en contrepoint les brimades quotidiennes que subit Teresa. Sans cesse rabaissée à son double statut d’immigrée et de domestique, elle ne trouvera son salut qu’entre les bras de son petit persécuteur. En parallèle, les parents traversent eux-mêmes leurs propres turbulences : le père vieillissant est en manque de confiance et d’autorité, la mère est irritée par une grossesse qui arrive à terme, et le spectre de l’endettement associé à celui du chômage les rend tout deux chaque jour un peu plus étranger l’un à l’autre. Dans ce contexte de désunion et de crise, la modeste Teresa, le temps de son bref passage, jouera un rôle crucial : elle contribuera à l’équilibre des relations et au maintien éphémère de l’unité familiale.
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Double entendre

13-07-11_art19_LThompsonOn a tous voulu savoir, ça raconte quoi? On s’est procuré le bottin des textes traduits de Dylan, on a fureté dans un petit Wyatt comparé, puis finalement on a laissé choir le dictionnaire, et on a monté le son parce que, de toute façon, ça nous parlait. Il y a les entre mots, les intonations discrètes, pudiques ou obscènes, le mystère du timbre et puis le flux. Ce que ça débite! Lire la suite

Michel Cloup et Mendelson – amis et ennemis intimes

13-07-13_art19_Cloup-mendelJuillet 2013. Il y a deux ans, presque jour pour jour, l’album de Michel Cloup en duo avec Patrice Cartier, sortait comme ça, sans tapage, avec une belle dignité. « Notre silence » était un disque intimiste, tantôt doux, tantôt rentré, une sorte de mise à plat, économe et épurée. On sentait là, un mouvement, certes modeste, mais assez crucial, autant un bilan qu’une étape. Juste un pas ; un pas juste, aurait-on dit. Aujourd’hui, Michel Cloup partage avec nous, jour après jour, le journal d’un nouvel album qu’il prépare en studio. Le blog s’appelle « ici pour quelques mois ».
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mmm…j’ai déjà du entendre ça quelquepart

13-07-05_art18_mamaPermets-moi, je t’en prie, Marie. Permets-moi pour une sombre histoire de cul… Comprenez tous les deux une fois pour toutes que les histoires de cul n’ont absolument aucune importance. Et que je suis tellement heureuse avec vous deux. Et que vous vous baisiez, j’en rien à foutre. Comprenez-le au moins une fois pour toutes que j’en ai rien à foutre. Que je vous aime. Regardez, je commence à être saoule et je bégaie et c’est absolument horrible, parce que ce que je dis je le pense réellement. Lire la suite

Je dis aime

13-07-03_art17_litElles l’aiment toutes Matthieu et moi, ça m’énerve. Elles l’aiment toute à la lettre, alors que moi j’aime les lettres et quand ça respire entre. Le vin aigre du trouble fête. Mais c’est quoi cet hédonisme de pacotille, cet optimisme sirupeux, ce bien-être de lampe fluorescente! Avé Uvés! On est tous malheureux, vous le savez pas, non?! C’est du chiqué, c’est pas du vrai!  J’y peux rien, j’aime pas le français qui poppe et le reste non plus, le vin pétillant, qu’il soit d’importation ou de Limoux. Lire la suite