ième festival de Pâmmes

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Cette année encore, les vétérans étaient légions. Les affiches se suivent et se ressemblent toutes. On n’y recense plus guère que des Woody-Jean-Louis en perte d’haleine. L’anti-jeunisme est de rigueur. N’y sont consacrés que des talents gâchés, reconduisant avec cynisme, paresse ou négligence, leurs fonds de plats réchauffés. En outre, je ne comprends toujours pas la décision de délocaliser le festival, de la rieuse côte d’azur, à St-Etienne puis à Tourcoing et in fino, dans la banlieue de Pâmmes. Malgré tout, je fais bonne figure mais aujourd’hui encore, j’ai raté mon train, celui de la deuxième correspondance. Je suis arrivé trop tard pour le seul film du festival, qui aurait pu susciter chez moi, tout au mieux, un ennui agréable. Les autres, vu le programme et sa baveuse communication graphique, m’ont l’air plus rondement agressifs. J’essaie de me rattraper tant bien que mal en courant au buffet d’après projection, mais ayant musardé entre-temps dans ma chambre d’hôtel en ville, j’arrive quand les serveurs, suffisants de morgue, intiment aux quelques survivants se disputant les miettes de débarrasser illico le plancher ou bien la table. Le temps de cuvette et la vacuité des lieux me poussent à contrecœur vers la deuxième projection, un film sur le grand âge et l’incontinence, énième resucée d’un film autrichien à grand succès. Les interprètes y sont mauvais, un peu laids aussi, mais ça c’est voulu. Je ne peux que m’en prendre à moi-même mais ça m’évite tout de même d’avoir les pieds mouillés. Au cinquantième champ contrechamp, une meute de chiens mouillés vient se réfugier dans la salle. Ce surcroît inopiné d’odorama achève de combler une critique assoupie. Ça et là, des rumeurs s’exclament : quel génie performatif! Quelle cohérence inouïe! Quelle justesse dans le rendu de la moiteur! Fin de punition : surpris, le réalisateur se redresse et titube un sourire flou à une ovation déplumée. Ainsi, grâce à la large désaffection du public et de la profession, le festival fût, cette année encore, à la hauteur de sa célèbre réputation. Mes confrères et moi, oubliâmes même de donner les résultats d’un palmarès sans enjeu, et pour tout dire assez embarrassant, chacun préférant insister sur le mauvais goût vestimentaire des participants et les menues glissades qui font le bonheur d’un public à jamais insatiable.

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